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Accueil L'invité du professeur Robert PARKER
Synthèse des débats
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© Bordeaux Ecole de Management
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Bordeaux : Qui fixe le prix du vin ?
par Robert PARKER
The Wine Advocate, inc
Critique international, auteur du
"Parker's Wine Buyers's Guide" Mercredi 24 Mars 1999
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Quelles raisons pourraient inciter le consommateur
à acheter les Bordeaux à l’avenir ?
Robert PARKER
Je précise que je vais exposer le point de vue du consommateur, et non pas le point de vue du négociant ou de l’importateur aux Etats-Unis. Selon moi, quatre raisons peuvent conduire à acheter des vins de Bordeaux en primeur.
En premier lieu, cela peut permettre d’économiser de l’argent par rapport à un achat en bouteilles. Pour cela, il faut acheter des grands millésimes et des millésimes exceptionnels, comme 1982 ou 1986. En 1985, par exemple, les prix des primeurs étaient très élevés et il était possible de trouver les vins au même prix deux ou trois ans plus tard.
- Deuxième raison : on peut avoir un goût particulier pour certains vins, qu’il faut alors réserver à l’avance pour être certain d’être servi. Certains domaines ont des productions très faibles et ont beaucoup de demandes.
- Troisièmement, l’achat en primeurs permet de choisir le format : si vous aimez les vins en demi-bouteille, en magnum, ou en très grand format, vous pouvez le faire savoir au moment de l’achat.
- Enfin, on peut acheter du vin en primeurs à des fins spéculatives. Mouton Rothschild, par exemple, produit quelque 25 000 caisses par an. Dans dix ans, il en sera toujours de même, et il est probable que la demande aura beaucoup augmenté. Déjà, des acheteurs asiatiques ou américains sont prêts à payer trois ou quatre fois le prix des vins primeurs d’il y a quelques années.
Le consommateur américain achète-t-il du vin en primeurs pour le boire ou pour spéculer ?
Robert PARKER
Je pense que la plupart des clients américains boivent le vin qu’ils achètent. Pour ma part, je suis contre la spéculation. Je suis certes un critique de vin, mais je suis avant tout un amoureux du vin et j’aime en boire.
Pourriez-vous dresser un portrait type du consommateur américain ?
Robert PARKER
C’est très difficile. On trouve parmi les amateurs de vins aussi bien des jeunes que des vieux. On peut donc être optimiste. La seule chose qui pourrait détourner les consommateurs américains serait une trop grande montée des prix.
Ne pensez-vous pas que l’on boit aujourd’hui les vins un peu trop jeunes ?
Robert PARKER
Chacun son goût ! Si l’on aime les vins jeunes, il n’y a pas de contre-indication. Aux Etats-Unis, on aime les vins très fruités. Même pour les grands terroirs, il faut que l’on puisse retrouver le fruit dans un vin. Mais il est vrai que certains grands millésimes de Bordeaux sont très supérieurs lorsqu’ils sont bus après 10, 20, 30 ou 50 ans de garde.
250 millions de consommateurs américains boivent moins de Bordeaux que 5 millions de Danois. La marge de progression aux Etats-Unis est-elle importante ?
Robert PARKER
Enorme ! Le puritanisme, les ligues anti-alcooliques sont toujours présentes… Mais le vin est la boisson la plus civilisée, la plus raffinée. On peut donc être optimiste. Sans compter le French paradox, qui fait que le vin, selon certaines études médicales, serait bon pour la santé ! Pour ma part, je ne bois de vin que pour le plaisir, pas pour la santé.
Vous avez créé un petit vignoble familial dans l’Orégon. Pouvez-vous nous en dire un mot ?
Robert PARKER
C’est un vignoble de 10 hectares, planté de cépage Pinot Noir, que j’exploite avec mon beau-frère. Beau-Frère est d’ailleurs le nom de notre vin. Je crois avoir beaucoup appris de cette expérience : je comprends bien mieux, désormais, l’importance de décisions comme la date des vendanges ou de la mise en bouteilles.
Qui fixe le prix du vin à Bordeaux ?
Robert PARKER
Je partage l’avis de la Baronne : c’est surtout le propriétaire du château. Il y a beaucoup de facteurs qui influencent le prix du vin. Outre le prix au départ de la propriété, il faut compter la marge du négociant, celle de l’importateur américain, celle du grossiste et surtout celle du détaillant, qui est très élevée. Au final, le prix du vin pour le consommateur américain est presque doublé. Si le vin est médiocre, ou même seulement moyen, le prix n’est plus acceptable.
Livre d'or
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