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Ecole de commerce
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Synthèse des débats

Christian BOIRON
© Bordeaux Ecole de Management
Boiron, un homme, un groupe, N°1 de l'homéopathie mondiale
par Christian BOIRON

Président du Groupe Boiron
Mardi 26 Octobre 1999

 



Né en juin 1947, Christian Boiron entre dans l’entreprise familiale en 1970 et en devient le Président en 1983. Anticonformiste, il cherche dans la vie de son entreprise à réconcilier humanisme, bonheur et économie de marché tout en défendant l’homéopathie, alternative à la médecine classique. hristian Boiron, nous vous donnons carte blanche pour présenter votre groupe.

Christian BOIRON
Je suis ému par une telle présentation ! Mais permettez-moi tout d’abord de vous présenter d’une manière peu classique notre entreprise. Lorsque j’ai réfléchi à ce premier thème, en préparant notre rencontre, la première image qui m’est apparue est celle de mon enfance, avec les “ nounous de l’entreprise ”. Mon père avait trouvé un appartement trois étages au dessus des laboratoires lyonnais et, tous les jours, je voyais donc les hommes et surtout les femmes de l’entreprise. Cela peut vous paraître anodin mais je vis encore de cette manière l’entreprise : l’entreprise est très liée à la famille. Encore aujourd’hui d’ailleurs, je travaille dans cette entreprise uniquement parce que je m’y sens bien. Je m’y sens d’autant mieux que j’ai apporté une touche personnelle si je puis dire.
Plus globalement, si l’on prend en compte le mode de gestion, une entreprise est d’abord une maison où plusieurs personnes vivent ensemble. Ce qui importe en premier lieu est donc d’être d’accord pour vivre ensemble une aventure partagée. Sachez d’ailleurs que l’intelligence de l’organisation du Groupe doit beaucoup au fonctionnement du Club Méditerranée. Les chefs d’hôtesses du Club sont devenues dans nos murs les maîtresses de maison car il faut veiller à ce que tout le monde se sente le mieux possible. De fait, plus les personnes se sentent bien, meilleur est le résultat de l’entreprise.
En outre, grâce sans doute à ma culture familiale, j’ai appris à ne pas me prendre trop au sérieux.
L’entreprise est aussi pour moi un projet politique. A l’issue de mes études et de mon parcours en IAE, un dysfonctionnement profond de la société m’est apparu : on faisait porter à l’entreprise la plupart des maux de la société, l’entreprise étant perçue comme un lieu d’affrontement entre des pouvoirs totalement antagonistes. Ce climat de tension était sans doute inutile.
J’ai donc introduit dans l’entreprise la notion de plaisir et j'ai proposé, suite à la remise au Groupe d’un prix récompensant une bonne gestion sociale et économique, la théorie du plaisir maximum.
Il s’agissait d’affirmer que l’on ne peut rien faire de durable et de conséquent sans plaisir. Le plaisir est devenu notre deuxième principe, après la rigueur.
Parallèlement, l’entreprise est un endroit d’expérimentation permanente. Je crois que notre société est comme jamais en position d’inventer son quotidien, surtout sur le plan social.
Enfin, et je l’ai découvert en dernier lieu, l’entreprise est un lieu d’aventure médicale, où nous pouvons effectivement participer à l’évolution de la médecine et à l’émergence d’une médecine plus intelligente. Il faut à mon sens équilibrer les moyens thérapeutiques actuels et futurs, des vaccins en passant par les antibiotiques, avec une médecine faisant la part des choses entre l’humain et la technologie. Notre projet, dans ce cadre, est notamment d’informer les médecins du monde entier sur les médicaments homéopathiques pour qu’ils puissent s’en servir lorsqu’ils considèrent que cela est utile. L’homéopathie est un projet qui nécessite énormément de modestie !

A la découverte de l’homme.
L’apprentissage dans un Groupe familial : comment se faire une place ?

Christian BOIRON
Prendre la succession de mon père a été difficile. Au départ d’ailleurs, je ne voulais pas travailler au sein du Groupe, d’autant que nos personnalités étaient différentes. Mais cela s’est fait, d’abord parce qu’il y avait beaucoup d’amour entre nous. De surcroît, mon père avait plus confiance en moi que moi-même ! Un jour, je me suis rendu compte que le pouvoir ne se donnait pas. Il se prend. Le moment venu cela dit, il faut vraiment le prendre ! Et le fait que vous soyez face à votre père rend les choses plus malaisées car des émotions sont aussi en cause. Je note en outre que la période de passation de pouvoir fut une période de fragilité pour l’entreprise.

La voie homéopathique : une vocation ?

Christian BOIRON
Je suis entré dans l’entreprise sans découvrir tout de suite que l’homéopathie était au centre d’un débat sur l’évolution même de la société. Il y a une vingtaine d’années, un ouvrage, Les enfants du verseau, affirmait que nous étions au seuil d’un changement des paradigmes : tous les comportements de notre société, politiques, médicaux, managériaux, religieux, scientifiques et autres, sont en train d’évoluer. Pour ne prendre que cet exemple, nous sommes passés d’une science des certitudes à une science des doutes.

Boiron depuis 1983 ?

Christian BOIRON
Il est difficile de vivre tout en se regardant dans une glace ! L’entreprise aujourd’hui dépend en partie de ce que je suis, de ce que j’ai fait, de ce que je fais… Mais jusqu’à quel point ? Je ne sais donc pas vraiment quel est le poids de mes actions depuis 1983. J’ai peut-être apporté une certaine dédramatisation au sein du Groupe, la décontraction dans la forme pour être plus ouvert au fond, un certain goût pour la cohérence.

Le Groupe entre Europe et monde

Christian BOIRON
Je n’ai pas décrété l’international car c’était une évidence. A la fin des années 70, nous étions en effet en situation pour élargir notre audience. Plus que des services internationaux, j’ai considéré que l’entreprise dans son ensemble devait devenir internationale. C’est aussi une question de mentalités.
Nos concurrents sont internes à l’homéopathie ou externes. Les seconds m’intéressent davantage car, dans l’esprit du médecin, l’homéopathie est concurrente des antibiotiques, des anxiolytiques… En France, en Allemagne comme aux Etats-Unis, nous sommes cependant face à quelques concurrents spécialisés, sachant que l’homéopathie représente 1 % du marché mondial du médicament. En Inde, il existe 350 laboratoires homéopathiques généralement plus petits que le notre.

Leçons d’un parcours politique et impressions face à la gestion des affaires publiques

Christian BOIRON
Enfant, je mettais la politique au sommet des préoccupations humaines. J’ai toujours la même opinion mais, lors de mon bref passage en politique, j’ai eu l’impression que ce que je faisais, en travaillant sur l’économie et l’international, ne passionnait pas vraiment les autres élus de la ville de Lyon… J’ai donc décidé de réfléchir tout seul.
La politique n’appartient pas aux hommes politiques mais d’abord à la population. Nous retrouvons ici le demos de notre démocratie. C’est le peuple qui vote pour élire ses représentants et les élus sont chargés de mettre en place les orientations définies au préalable. Or aujourd’hui l’on oublie la première partie de cette proposition. Il n’est d’ailleurs pas étonnant que les hommes politiques soient de plus en plus des gestionnaires, des énarques en d’autres termes, qui ne sont pas forcément à même de conduire une réflexion politique. C’est pourtant au peuple que la tache de penser le monde dans lequel il va vivre doit revenir. Les politiques ne supprimeront le chômage que si le peuple décide qu’il doit être supprimé.
La politique, plus que d’hommes comme moi, a besoin d’idées. Je n’ai d’ailleurs pas quitté la politique, j’y suis chaque jour davantage dans la mesure où je réfléchis, partage des opinions personnelles, avec vous ou d’autres. Il faut faire avancer ses idées, ce faisant on fait progresser la politique. Pour l’instant, je n’imagine pas revenir sur la scène politique.

L’homéopathie selon Boiron ?

Christian BOIRON
Je vais définir l’homéopathie telle que je la vis. Un pharmacologue allemand constate en 1800 que les médicaments sont utilisés en fonction de la connaissance que l’on a de leur usage. Il considère à l’inverse qu’il faut en premier lieu expérimenter les médicaments, pour dépasser la seule connaissance de leur usage. L’homéopathie est donc d’abord une expérimentation des médicaments. C’est ensuite la découverte d’une propriété spécifique de la pharmacologie : l’infinitésimal. Pour les puristes, l’homéopathie est aussi la loi de similitude ; c’est une loi pharmacologique, connue au temps d’Hippocrate, selon laquelle certaines substances peuvent amener des actions d’intoxication dans un sens et des actions thérapeutiques dans l’autre sens. Suite à ces constats et aux expérimentations passées, nous avons aujourd’hui des granules connues par l’expérience clinique. L’homéopathie progresse sensiblement jour après jour sur le plan des contenus, des discours et s’insère progressivement dans la médecine.
Nous avons privilégié trois domaines pour montrer aux médecins l’intérêt de l’homéopathie : l’allergie, l’anxiété et les pathologies hivernales. Mais chaque personne n’a pas le même degré de réactivité face au médicament homéopathique. Nous sommes également très actifs face aux maladies chroniques.
Pour convaincre, nous nous donnons du temps. Le projet est différent de l’objectif, l’étoile qui guide l’individu perdu dans le désert est différente du but à atteindre demain matin. Concrètement, nous ne sommes pas dans le domaine de la conviction mais du partage. Nous avons donc organisé des enseignements, en Faculté parfois, pour que les médecins puissent apprendre ce qu’ils ont envie d’apprendre. Dans le monde, Boiron conduit annuellement près de 400 séminaires de formation dirigés par une centaine de praticiens.

Un management humain et original : tout pour la motivation ?

Christian BOIRON
Je n’ai pas envie que nous apparaissions comme les premiers de la classe. Parfois en effet, je perçois Boiron comme un gentil rebelle. Tant mieux si nous inspirons certains. Je suis avant tout guidé par la cohérence ; il faut par exemple qu’une gestion sociale soit cohérente. Comment fonctionnent des hommes par rapport à des machines ? Ils ont certes besoin de carottes et de bâtons mais d’autres éléments sont essentiels. Je considère en outre que la carotte et le bâton ne donnent pas forcément les meilleurs résultats. Ces autres éléments tiennent effectivement à la motivation, à l’épanouissement, à l’adhésion, au sentiment d’être considéré, au plaisir d’être dans une équipe… De plus, la culture nous donne beaucoup. En quoi nourrit-elle l’entreprise ? Seulement par le fait que nous savons utiliser un ordinateur ? Je ne crois pas. Comme d’autres domaines, le management comporte de la science (connaître les ordinateurs et les plans médias) mais également de l’art - c’est cet art qui peut être stimulé et organisé en termes de production.
La motivation générée compense-t-elle la réduction du temps de travail ? Je dis souvent que moins on travaille, mieux on travaille. C’est vrai pour autant que la responsabilité soit là. Plus on a de responsabilités, moins on doit travailler à mon sens. Une décision intelligente nécessite en effet du temps plus qu’une grande quantité de travail. La réduction du temps de travail nourrit la qualité de la décision et de l’adhésion.
Au sein du Groupe, nous estimons que l’épanouissement personnel des salariés est primordial. Est-ce compatible avec la rentabilité ? Oui et il ne s’agit pas de philanthropie. J’estime d’ailleurs qu’un chef d’entreprise n’a pas le droit de faire de la philanthropie. Il y a 25 ans, j’ai décrété que Boiron ne donnerait pas un centime à des causes non liées à l’homéopathie. Nous avons en effet une obligation éthique, sinon juridique, de dépenser tout l’argent disponible pour le projet de la société. L’épanouissement des hommes est la meilleure motivation. Rendre quelqu’un heureux est la plus belle carotte qui soit. Le confort est certes nécessaire mais il ne motive pas, à la différence du rayonnement et de l’épanouissement. J’ai travaillé sur cette question récemment, et mis par exemple l’accent sur la confiance en soi, à laquelle les autres peuvent contribuer. L’accroissement de la confiance est sans doute plus important que l’augmentation des compétences. Et la compétence sans la confiance ne sert à rien.

Les 35 heures

Christian BOIRON
En 1974, j’ai demandé qu’on applique l’horaire souple, et en 1976, réclamé une certaine bienveillance devant les demandes individuelles pour travailler moins. Au bout de 25 ans, nous avions 30 % du personnel “ travaillant moins ” et un temps moyen de travail de 35 heures (nous en sommes à 32 maintenant). Nous avons alors appliqué la loi Aubry d’incitation à la réduction du temps de travail parce que l’entreprise n’y perdait rien, sur le plan de la compétitivité notamment. Cette loi laissait à chaque entreprise le soin de s’organiser et tous nos services ont analysé les évolutions possibles. L’accord a finalement été signé en septembre 1998. La confiance régnant entre les partenaires de l’entreprise a permis de surmonter les appréhensions des uns et des autres et le bilan est aujourd’hui satisfaisant.
Cela dit, ces changements ne sont pas aisés. Une réduction du temps de travail de 10 % est une véritable remise en question de l’ensemble des fonctionnements de l’entreprise. Une réduction du temps de travail dans le service juridique, le département international, un service de production ou le standard ne se gère pas du tout de la même façon. Boiron abrite 300 micro-entreprises selon notre analyse et chacune d’entre elles a trouvé ses solutions, ici l’embauche, là une réduction d’effectifs… Au total, la créativité a été grande même si la productivité a souffert.
Au départ, nous nous étions engagés sur une centaine de créations d’emplois. La croissance d’activité fut telle que nous avons atteint le niveau de 150.

Une journée type du Président, ça ressemble à quoi ?

Christian BOIRON
Un skipper n’a certainement pas de journée type. Tout dépend de la direction suivie, de l’état du bateau, de l’équipage, du vent… De même, mon emploi du temps dépend du bateau et de son milieu, c’est-à-dire de l’entreprise et de son environnement. Je suis sur le pont en cas de crise et peux prendre un peu de recul si la mer est calme. Mais une vigilance permanente est impérative. Dans mon dernier ouvrage, j’affirme que la vigilance est la clef du bonheur. C’est aussi la clef du management. La vigilance est d’ailleurs un vrai travail.
Pour revenir sur le temps de travail et notamment celui des cadres, nous avons considéré que les cadres pouvaient prendre 47 demi-journées supplémentaires de repos. Aller vers les 35 heures est certainement une route à suivre, avec une dimension psychologique (arriver à la maison avant son épouse, ou son mari !). C’est pour cela que je suis le premier à ne pas être trop longtemps présent dans l’entreprise pour montrer qu’il est souhaitable d’avoir une vie équilibrée, entre travail et famille par exemple.

Une éventuelle perte de la majorité des droits de vote compte tenu de la concentration du secteur ?

Christian BOIRON
Une perte de contrôle pourrait-elle en outre aller de pair avec la conservation de nos avancées sociales ? Je ne crois pas car les grandes entités du secteur pharmaceutique sont des techno-structures, des machines qui ne sont plus humaines. Repensons le système, non pas uniquement en critiquant les gros ensembles qui insistent sur la “ masse critique ”, mais en ayant de l’avenir en restant nous-mêmes. A cet égard, sachez que ma famille n’a plus la majorité capitalistique du Groupe mais Boiron est soudé autour d’un Président qui a les coudées assez franches pour appliquer sa politique. Nous savons comment cela se passerait en cas de reprise par un grand Groupe.

La conférence de presse factice.
En tant que Président d’un Groupe coté au Second Marché, que pensez-vous, suite notamment à l’affaire Michelin, de l’équation “ profits, licenciements et hausse du cours de l’action ” ?

Christian BOIRON
Lors de notre arrivée sur le marché, j’ai indiqué que nous ne gérions pas notre entreprise en fonction du cours de bourse. Je pense que l’actionnaire a un rôle essentiel à jouer s’il connaît l’entreprise - c’est sa responsabilité, notamment par le biais de la désignation des administrateurs. J’ai donc un grand respect pour le Conseil d’administration, comme pour le Comité d’Entreprise, organes vitaux du fonctionnement de l’entreprise. L’entreprise doit avoir le nombre d’heures précis qui correspond à ses besoins, ni plus ni moins, et cette justesse doit nourrir le cours de l’action. A ce propos, le fait d’éviter des licenciements avant examen préalable de la réduction du temps de travail est vraiment une évidence ! Manquait d’ailleurs dans la position du CNPF lors de la première loi Aubry un discours clair quant au coté totalement inacceptable du chômage dans notre pays.

Les stocks options sont-elles un nouveau moyen de rémunération ?

Christian BOIRON
Je suis perplexe en la matière et je ne souhaite pas que Boiron mette en place ces options. J’ai en effet du mal à considérer que des salariés sont plus responsables que d’autres dans l’entreprise. Nous utilisons un abondement au fonds commun de placement pour l’achat d’actions.

Au cœur d’un sujet : le futur du travail.

Christian BOIRON
Le groupe Boiron préfigure-t-il l’entreprise du prochain siècle ? A l’heure de la mondialisation et des grandes révolutions technologiques, comment juger les grandes mutations du travail ? Je ne nous vois pas du tout comme un modèle d’entreprise pour le XXIème siècle. Nous participons simplement à une réflexion commune. Conformément aux thèses de Guy Aznar, futurologue, je crois que l’entreprise de l’avenir va de plus en plus développer le travail volontaire, pour alléger le coté subi du travail pour l’individu. Je crois deuxièmement que le travail du futur va renforcer l’individualisation. Nous traiterons de façon individualisée les salariés comme les clients. Troisièmement, l’insertion dans une réalité artistique sera plus importante à l’avenir car l’art est le développement de l’authenticité, condition de l’épanouissement des personnes. L’art va sans doute de plus en plus s’imposer dans l’entreprise.
Autres évolutions possibles pour demain : l’intégration de la formation permanente tout au long de la vie du fait de la réduction du temps de travail, l’adaptation des entreprises aux individus et non pas l’inverse, la remise en question du “ toujours plus fort, plus riche et plus gros ” pour privilégier le “ plus cohérent, plus éthique, plus harmonieux et plus juste ”.
Et si vous m’interrogez sur ce point, sachez que je suis de plus en plus en plus heureux. Le chemin du bonheur est une route ; on est de plus en plus heureux au fur et à mesure que l’on s’accepte de mieux en mieux soi-même, de s’exprimer en fonction de ce que l’on est, et non pas pour ce qu’on croit devoir être. Il s’agit là du travail d’une vie. Le vieillissement présente d’ailleurs l’intérêt de donner accès à davantage de bonheur chaque année !



Livre d'or
Bravo à tous,
une merveille soirée ensemble
Merci
Amitiés

Christian Boiron

Le 26 octobre 1999



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