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Accueil Regards sur le monde Pierre SANE
Communiqué de presse
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© Bordeaux Ecole de Management
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Mondialisation et Droits de l'Homme : le défi de la responsabilité des acteurs privés
par Pierre SANE
Secrétaire général d'Amnesty International Jeudi 19 Octobre 2000
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Mondialisation : les nouveaux défis de l'inégalité
Les grandes sociétés multinationales et les institutions financières internationales sont des acteurs très puissants sur la scène mondiale. Elles ont un impact majeur, non seulement sur l'économie internationale, mais aussi sur la société, sur l'environnement et sur la politique. Ce qui pose indéniablement la question de la responsabilité juridique et morale des acteurs économiques, dont les activités ont une influence croissante sur la situation des droits de l'Homme de par le monde. Les exemples abondent où la promotion d'intérêts commerciaux s'est faite aux dépens des droits fondamentaux des peuples, les entreprises agissant pour l'heure, en situation de virtuelle impunité. Une situation préoccupante face au rétrécissement du pouvoir politique et de la marge des Etats sur qui pèse l'obligation juridique de protéger, promouvoir et garantir les droits économiques, sociaux et culturels.
Principes relatifs aux droits humains à l'attention des entreprises
Fort de ce constat, Amnesty International travaille en direction des entreprises afin d'encourager le monde des affaires à jouer un rôle positif dans la promotion et le respect des droits humains. Tel est le sens du document établi par l'organisation fondé sur les normes internationales intitulé "Principes relatifs aux droits humains à l'intention des entreprises" constituant une "liste de contrôle" qui devrait être intégrée par les sociétés. En préambule, celui-ci mentionne La Déclaration Universelle des Droits de l'Homme de 1948 qui appelle "tous les individus et tous les organes de la société" à participer au développement du respect universel des droits fondamentaux. Les entreprises et les institutions financières, en tant qu'organes de la société, sont donc conviées à assumer pleinement leurs responsabilités civiques. Une démarche qui vient appuyer l'initiative de l'ONU à travers le "Global Compact", un pacte de bonne conduite entre l'ONU et les grandes sociétés privées, les ONG, les défenseurs des droits de l'Homme et les syndicats. Promotion de l'indivisibilité des droits, application de la législation internationale aux acteurs privés, responsabilisation accrue des gouvernements pour les violations commises hors de la sphère publique, trois grands chantiers pour Amnesty International afin que la mondialisation ne devienne le berceau des nouvelles inégalités pour ce XXIème siècle.
Amnesty International
Amnesty International a été fondé en 1961 par l'avocat britannique Peter Beneson. Son appel intitulé "Les prisonniers oubliés" a été publié dans la presse du monde entier le 28 mai 61, et l'idée d'une campagne internationale pour la défense des droits humains a suscité plus de 1 000 offres de soutien. Les principes de stricte impartialité et d'indépendance ont été établis. Les membres d'Amnesty devaient travailler sur des cas survenus dans le monde entier sauf dans leur propre pays. Prix Nobel de la Paix en 1977, l'organisation compte aujourd'hui 1 million de membres dans plus de 160 pays et territoires. Dotée d'un statut consultatif auprès de l'ONU, de l'UNESCO et du Conseil de l'Europe, Amnesty coopère avec la Commission interaméricaine des droits de l'Homme et l'Organisation des Etats américains et elle est membre du Comité de coordination du Bureau de l'Organisation de l'Unité africaine pour le placement et l'éducation des réfugiés africains.
Depuis le congrès de Yokohama en 1991, Amnesty International n'est plus seulement dans les textes, une organisation de défense de prisonniers politiques. C'est un groupe qui lutte contre les violations les plus graves des droits de l'homme, celles qui s'attaquent à la vie, à l'intégrité physique, à la liberté, à la liberté d'association.
Pierre Sané
D'origine sénégalaise, Pierre Sané occupe le poste de Secrétaire général au sein de l'organisation basée à Londres depuis 1992. Il était auparavant directeur régional pour l'Afrique au Centre de recherches pour le développement international (CRDI) situé à Ottawa. Pierre Sané a une formation en administration (Londres, Bordeaux, diplômé de l'ESC Bordeaux promotion 1972 ) et en sciences politiques (Ottawa).
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