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Synthèse des débats

Bernard-Henri LEVY
Les Damnés de la guerre
par Bernard-Henri LEVY

Ecrivain, philosophe
Mardi 15 Janvier 2002

 



Durant l'année 2000, vous vous êtes intéressé à cinq "guerres oubliées" au Burundi, en Angola, au Soudan, au Sri-Lanka et en Colombie. Comment vous est venue cette idée ?

Bernard-Henri LEVY
Cette idée est née avec la complicité du journal Le Monde, qui publie régulièrement mes reportages. Je fais en effet partie d'une catégorie d'intellectuels qui considèrent comme nécessaire de sortir de leur "tour d'ivoire" pour aller sur le terrain. J'ai toujours considéré que l'exercice de la pensée devait s'accompagner d'un contact avec le terrain. Depuis quelques années, j'ai ainsi fait des reportages en Algérie, au plus fort de la vague islamiste, ou dans le Panshir, chez le commandant Massoud. Puis j'ai eu l'idée d'aller là où l'on ne va pas, dans des régions que n'éclairent pas les "projecteurs" de l'histoire universelle. Jean-Marie Colombani, le directeur du Monde, et moi-même avons alors choisi cinq guerres parmi les plus sauvages et les plus ignorées.
Au-delà de l'aspect journalistique de ce travail, mon idée de fond était qu'à 50 ans, ayant la chance d'être un écrivain connu, un "nanti" en quelque sorte, j'avais le devoir de rendre un peu de ce qui m'avait été donné. J'appartiens en effet à une tradition qui veut que lorsque l'on a beaucoup reçu, il faut donner un peu. J'ai donc décidé de consacrer un an de ma vie à explorer ces zones de détresse absolue, où triomphe le mal radical, où l'idée même d'humanité se trouve quasiment suspendue. Etant arrivé au milieu de ma vie, j'ai ressenti cela comme un devoir. J'ai décidé de prendre le temps d'observer ce qui se passait dans "l'autre humanité", celle de la désolation la plus absolue, celle où à l'horreur de mourir s'ajoute celle de mourir dans l'indifférence du monde, dans la nuit la plus noire. J'ai essayé de mettre un peu de lumière dans cette nuit noire.

Comment expliquez-vous que dix ans après la chute du bloc soviétique, les zones d'instabilité se soient ainsi multipliées ?

Bernard-Henri LEVY
Elles ne se sont pas multipliées. Ce sont les mêmes. Les cinq guerres auxquelles je me suis intéressé cette année existaient déjà du temps des Soviétiques. La guerre dure depuis vingt-cinq ans en Angola, depuis trente ans au Soudan, depuis dix-huit ans au Sri-Lankas. Il s'agit de guerres très anciennes. La seule différence, c'est qu'au temps de la guerre froide, chacune de ces guerres faisait partie d'une stratégie d'ensemble. Elles opposaient deux camps qui avaient des idéologies relativement claires. Le premier était généralement pour la révolution, le second pour le libéralisme. Tout cela donnait un sens à ces guerres sur le théâtre international.
Après 1989, lorsque le combat principal s'est arrêté, on a cru que les combats secondaires s'arrêteraient avec lui. On a assisté à une espèce d'euphorie démocratique, allant même jusqu'à parler de fin de l'histoire comme Francis Fukuyama, qui ne faisait ainsi que reprendre les thèses élaborées à leur époque par Hegel et Cogève. Il était entendu que la démocratie, ayant triomphé des plus redoutables de ses ennemis le nazisme et le communisme , avait triomphé à jamais de tous ses autres ennemis. L'histoire entrait donc dans un dimanche éternel qui ne serait plus troublé que par quelques conflits résiduels. Ce que j'ai voulu dire dans mon livre, c'est que l'histoire n'est pas plus finie aujourd'hui qu'elle ne l'était à l'époque de Fukuyama, de Cogève ou d'Hegel. En fait, le monde est en train de se réorganiser autour de conflits de nouveaux types et dont il s'agit de dresser la carte. Ces guerres existaient déjà. Elles ont perduré malgré la fin de l'affrontement entre communisme et libéralisme et sont en train de se doter d'une signification nouvelle, encore largement obscure mais qu'il convient d'essayer de déchiffrer.

Outre leur brutalité, qu'est-ce qui différencie ces guerres des autres ?

Bernard-Henri LEVY
Pour moi, ces guerres se caractérisent d'abord par leur brutalité. J'ai vu dans ces cinq guerres le pire de ce que l'Homme peut se faire à lui-même. J'ai par exemple rencontré un chef de guerre colombien dont le titre de gloire était d'éventrer des femmes enceintes et de coudre dans leur ventre des poules vivantes ! J'ai rencontré au Burundi un homme dont le métier est de recomposer des cadavres ! J'ai vu en Angola des villes entières dont un habitant sur trois est défiguré ! J'ai rencontré dans le sud du Soudan un peuple les Noubas qui n'a pas vu de médecin depuis trente ans, qu'aucun moyen de communication ne rattache au monde extérieur et qui est asphyxié peu à peu par une armée islamiste venue de Khartoum ! Quand j'ai vu tout cela, j'ai eu le sentiment d'avoir affaire à des guerres qualitativement différentes de celles que j'avais pu voir en Bosnie ou ailleurs.
La deuxième particularité de ces guerres, c'est leur absence apparente de sens. Autrefois, les combattants avaient le sentiment de se battre pour quelque chose, de défendre une cause, fut-elle légitime ou non. En Angola par exemple, les combattants de l'Unita ou du MPLA avaient le sentiment de lutter pour la décolonisation de l'Afrique. Aujourd'hui, ils se battent sans savoir pourquoi, dans une sorte de désert absolu des valeurs, et avec une énergie redoublée. En effet, après avoir longtemps pensé, à l'instar d'Albert Camus, que les guerres les plus violentes étaient les guerres menées au nom d'une idéologie, je me demande aujourd'hui si ce ne serait pas au contraire les guerres exemptes de toute idéologie, de toute pensée. Que pouvons-nous souhaiter pour ces mondes de désolation radicale ? Que la pensée s'y éteignant, les guerres s'y éteindront aussi ? Que des idéologies y renaissent ? Je ne le sais pas. Je ne fais que poser la question dans mon livre, mais je laisse au lecteur le soin de tirer ses propres conclusions.

Cette perte de sens conduit-elle à déshumaniser ces guerres ?

Bernard-Henri LEVY
Cela est possible. En Colombie, j'ai rencontré le chef d'un groupement para-militaire fasciste, surnommé El Rambo. Est-il vraiment fasciste ? Son fascisme ne sert-il pas en fait à maquiller des pratiques mafieuses ou un goût pour le meurtre gratuit ? Je ne saurais le dire. Ce qui est sûr, c'est que c'est un maniaque du crime. Ses hauts faits de guerre sont d'avoir crevé les yeux de petites filles avant de les tirer au fusil, d'avoir enterré des bébés vivants, d'avoir lapidé des femmes. Est-ce un idéologue ou un psychopathe ? Est-il possédé par le démon ? Est-il hanté par une idéologie qui l'a rendu fou ? Je ne le sais pas. Je l'ai trouvé à la fois terrifiant et pitoyable, à l'instar du Himmler décrit par Malaparte dans Kaputt ! C'est un barbare, mais aussi un personnage pitoyable. Il est fait de la glaise dont ont probablement été façonnés Himmler et Mussolini. Après l'avoir rencontré, je suis d'ailleurs tombé physiquement malade, malade de ce que j'avais entendu et de ce que j'avais côtoyé.
Sommes-nous là dans l'humain ou dans le non-humain ? Là encore, je ne le sais pas. Mon livre est le livre du doute. J'y rapporte des scènes, j'y donne des éléments de pensée sur le mal, mais je n'y tire aucune conclusion.

Pour les besoins de votre livre, vous avez recueilli le témoignage d1une jeune kamikaze tamoule. Pouvez-vous nous éclairer sur la façon de penser des kamikazes ?

Bernard-Henri LEVY
J'ai effectivement passé des heures avec une jeune femme kamikaze pour essayer de comprendre comment elle raisonnait. Elle m'a décrit les 3 universités dans lesquelles on dispense aux apprentis kamikazes un double enseignement, d'une part technique et, d'autre part, idéologique pour ne pas dire spirituel. Les kamikazes ont en effet jusqu'au dernier moment le choix de mourir ou pas. Pour les inciter à franchir le pas, il faut donc leur prodiguer une formation morale.
Cette jeune femme (qui a finalement renoncé à son geste) m'a raconté sa formation militaire, intellectuelle, religieuse et morale. Elle m'a parlé de sa religiosité, de son rapport au Paradis (les kamikazes se considèrent comme les enfants du Paradis), etc. Je sais désormais comment on fabrique un kamikaze mais ne vous attendez pas à trouver dans mon livre une réponse sur la façon dont on devient kamikaze. L'instant suprême, durant lequel le kamikaze comment son geste, reste pour moi une énigme absolue.

Suite aux événements du 11 septembre 2001, comment jugez-vous la mise en place d'une coalition internationale autour des Etats-Unis ?

Bernard-Henri LEVY
C'était la moindre des choses. J'aimerais que cette coalition internationale ne se batte pas seulement contre le terrorisme mais pour les Noubas du Soudan, pour empêcher les ventes d'armes en Angola ou pour mettre un terme aux massacres au Burundi. Néanmoins, je n'ai eu aucun d'état d'âme à soutenir cette coalition lorsqu'il s'est agi de punir les assassins des 3 000 victimes du World Trade Center. De plus, cette coalition a fait mentir toutes les Cassandre qui prévoyaient que la guerre serait longue et que les Américains s'y embourberaient, comme les Soviétiques dans les années 80. Malgré quelques victimes civiles, la guerre n'a en effet duré que quelques semaines et s'est déroulée dans des conditions relativement exemplaires. Il y a donc tout lieu de s'en féliciter, d'autant plus que cette guerre a fini par aboutir à la libération du peuple afghan.
Dernier mérite de cette guerre : il s'agit du démenti le plus convaincant à la théorie du choc des civilisations. Contrairement à ce que dit Hutington, le XXIème siècle ne verra pas s'affronter des grands blocs civilisationnels et religieux, à commencer par l'Occident et l'Islam comme le pensent certains. Après la Bosnie et le Kosovo, les Américains ont à nouveau volé au secours d'un peuple musulman. Cette guerre a donc fait voler en éclats la théorie du choc des civilisations, que je considère depuis longtemps comme fausse.
Pour toutes ces raisons, et malgré les erreurs qui ont pu être commises, je considère que cette alliance anti-terroriste a plutôt bien fonctionné.

Quelle est votre opinion sur l'attitude de la France dans cette affaire ?

Bernard-Henri LEVY
L'attitude de la France a été grotesque, mais je l'ai déjà dit à Hubert Védrine en novembre dernier lors d'une émission télévisée. La France qui est, par certains aspects, un pays formidable, peut aussi parfois être un pays grotesque. La France souffre en fait d'un syndrome de Munich , qui l'incite à se coucher pour ne pas avoir d'ennuis. Ainsi, lorsque le commandant Massoud est venu à Paris l'année dernière, ni Jacques Chirac ni Lionel Jospin ne l'ont reçu, sous prétexte que cela aurait mis en danger les représentants des ONG françaises présentes en Afghanistan, alors qu'ils avaient reçu des talibans quelques mois auparavant.
De plus, la pensée française est animée depuis très longtemps par un profond sentiment anti-américain. Ce sentiment, né dans les mouvements d1extrême droite d'avant-guerre, s'est ensuite propagé, au point de transcender aujourd'hui les partis politiques. Or ce sentiment attise cet esprit de démission que nous avons vu triompher en France après le 11 septembre.

Sans céder à un anti-américanisme primaire, ne peut-on tout de même pas dire que les Etats-Unis devraient modifier leur comportement à l'égard du reste du monde ?

Bernard-Henri LEVY
Bien sûr. Personne n'est mieux placé que moi pour savoir le prix que payent les peuples pour l'extraordinaire égoïsme des nantis. J'ai passé un an en compagnie de gens victimes du nouveau "rideau de fer" imposé par les Américains et les Européens entre le Nord et une partie du Sud. Je suis donc prêt à plaider inlassablement pour que l'on en arrête avec l1égoïsme, avec cette politique à courte vue qui peut nous coûter très cher. D'ailleurs, Ben Laden n'est pas le représentant de la misère du monde. C'est un nanti, un fils de riche. Comme le disait le commandant Massoud, ce n'est pas musulman, c'est un cynique absolu, il se moque des Palestiniens et des lieux saints de l'Islam. Ce n'est qu'un opportuniste qui n'a qu'une idée : ruiner la famille royale saoudienne et les grands de ce monde qui ont humilié son père, entrepreneur de travaux publics à Riyad. C'est la raison pour laquelle les terroristes du World Trade Center n'ont aucune excuse.
Cela dit, le terrorisme aussi fait école et l'on pourrait voir demain des hommes et des femmes qui, étant parvenus au bout de l'humiliation et de la détresse, n'ayant aucun moyen de se faire entendre de leur vivant, décident de se rappeler à notre souvenir par leur mort. J'espère donc que le 11 septembre fera prendre conscience aux Etats-Unis, et autres peuples nantis en général, que l'on ne peut pas accepter "l'apartheid planétaire" auquel nous assistons aujourd'hui. On ne peut pas accepter que le monde tourne à deux vitesses. Si les "maîtres du monde" ne s'en avisent pas, nous courrons tous à la catastrophe et au suicide.

Dans votre livre, vous relatez les effets pervers et parfois désastreux de l'aide humanitaire. Quand le bien se met au service du mal, n1est-il pas préférable que les organisations humanitaires se retirent ?

Bernard-Henri LEVY
Il est vrai que l'humanitaire peut avoir des effets pervers. En 1987, en Ethiopie, le régime néo-stalinien de Mengistu le Négus rouge avait décidé de remodeler le visage de son pays en organisant des migrations massives, non seulement sous le regard des humanitaires, mais avec leur argent. En effet, pendant que se déroulaient ces transferts de population, les humanitaires apportaient des tonnes de nourriture pour compenser le fait que les terres n1étaient plus cultivées. Le moteur humanitaire fonctionnait donc comme un auxiliaire du moteur des déportations. L'aide humanitaire peut être la meilleure comme la pire des choses. Il faut donc rester vigilant. C'est la raison pour laquelle je soutiens l'association Action contre la Faim car elle fait partie de celles qui réfléchissent avec le plus de rigueur et de finesse aux impasses de l'aide humanitaire. Il y a sans doute une nouvelle forme d'aide humanitaire à inventer, une aide qui tournerait le dos aux naïvetés des années 80.

Beaucoup de terroristes impliqués dans les attentats du 11 septembre étaient originaires du Proche-Orient. L'hostilité de nombreux musulmans envers les Etats-Unis est motivée par le conflit israélo-palestinien, autant que par la question irakienne et la présence américaine en Arabie Saoudite. Comment peut-on selon vous entreprendre une campagne mondiale contre le terrorisme sans régler le conflit israélo-palestinien ?

Bernard-Henri LEVY
Je suis d'accord avec vous pour dire qu'il faut régler le conflit israélo-palestinien. Il faut à l'évidence un état pour les Palestiniens car ils y ont droit et car ils le veulent , pour autant que cela n'empiète en rien sur la sécurité et l'existence de l'état d'Israël. Mais cela ne suffirait pas à mettre un terme au terrorisme. Les membres d'Al Qaïda proviennent peut-être du Proche-Orient mais, comme le disait le commandant Massoud, ils se moquent éperdument du conflit israélo-palestinien. Ben Laden n'a jamais évoqué la question palestinienne dans ses fatwas antérieures au 11 septembre. Certains membres d'Al Qaïda proviennent du Soudan, de Bosnie, du Kosovo, de Tchétchénie ; aucun de Palestine. Du temps de sa splendeur, Ben Laden n'a jamais envoyé un seul combattant en Palestine. C'était le cadet de ses soucis. De plus, on sait maintenant que les attentats du 11 septembre ont été programmés entre la conférence de Camp David et celle de Taba, au moment où l'on s'acheminait vers la paix, et non lors du regain de tension entre Israéliens et Palestiniens. Il faut donc se débarrasser de l'idée fausse selon laquelle les deux problèmes seraient liés. Ce n'est pas en créant un état palestinien que nous désamorcerons la bombe à retardement que constitue le terrorisme international. Ce serait d'ailleurs une mauvaise raison de vouloir cet état.
Vous avez dit par ailleurs que les Américains étaient haïs en raison de leur politique au Proche-Orient. Je ne le crois pas. Les terroristes ont nombre d'autres raisons de haïr les Etats-Unis. Ils les haïssent pour leur cosmopolitisme, leur mercantilisme, la liberté de leurs m|oeurs. La haine des islamistes les plus radicaux va bien au-delà du conflit israélo-palestinien. Si elle n'était liée qu'à la non-existence d'un état palestinien, la question serait vite réglée. Mais cela ne ferait pas disparaître l'islamisme radical pour autant, ni la haine qu'il voue aux Etats-Unis.

Arafat n'est-il pas passé à côté d'une chance historique en refusant l'accord proposé par Ehud Barak à Camp David ?

Bernard-Henri LEVY
Il est effectivement passé à coté de cette chance. Yasser Arafat est un drôle de personnage, mais je n'ai pas de haine contre lui. Je pense d'ailleurs qu'Ariel Sharon commet une très grave erreur en essayant de le mettre hors-jeu et qu'il n'y a pour l'heure pas d'autre solution que de négocier avec lui. Je pense quand même que le peuple palestinien n'a pas eu de chance d'avoir eu cet homme pour leader. On dirait qu'il s'ingénie à rendre impossible la création de ce qui pourrait ressembler à un état palestinien. La question est donc de savoir si Yasser Arafat veut vraiment un état. Veut-il laisser sa marque dans l'histoire comme le bâtisseur d'un petit état ou comme l'incarnation d'une revanche arabe ? Je ne le sais pas. Ce que je sais, c'est qu'Arafat n'est pas Ben Gourion. Mais la vérité m'oblige à dire que les Israéliens ont eux aussi leur part de responsabilité dans ce problème. Je crois notamment que la politique d'implantation de colonies en Cisjordanie et à Gaza est une politique folle. Il faudra bien qu'un jour tout cela se scelle, hélas après tant de morts des deux côtés.

Nous arrivons au terme de cet entretien. Avant de nous séparer, nous vous proposons de répondre au questionnaire de Proust.
Quel est le principal trait de votre caractère ?

Bernard-Henri LEVY
L'entêtement.

Quelle est la qualité que vous préférez chez une femme ?

Bernard-Henri LEVY
L'intelligence.

Quel est selon vous le bonheur parfait ?

Bernard-Henri LEVY
Il n'existe pas. Le bonheur parfait n'est pas de ce monde... Le bon, le bien et le vrai sont des étoiles qui s'éloignent de nous à mesure que nous croyons les atteindre. Ceux qui s'imaginent pouvoir les atteindre sont dangereux, pour eux-mêmes comme pour leurs semblables.

Qu'avez-vous réussi de mieux dans votre vie ?

Bernard-Henri LEVY
Quelques pages de mon dernier livre.

Quel est votre plus grand regret ?

Bernard-Henri LEVY
D'avoir abandonné certaines des personnes dont je parle dans mon livre. Un écrivain voyageur ne fait jamais que passer. Il finit toujours par s'en aller, avec un sentiment de honte qui ressemble à du regret.

Si vous rencontriez Bernard-Henri Lévy enfant, que lui diriez-vous ?

Bernard-Henri LEVY
De ne pas trop penser à la suite.

Si vous rencontriez Bernard-Henri Lévy dans trente ans, qu'aimeriez-vous qu'il vous dise ?

Bernard-Henri LEVY
Que mon livre est celui de la maturité et que j'ai fait mon devoir en l'écrivant.



Livre d'or
800 personnes, vraiment ?
Vous êtes de sacrés organisateurs !
Bravo et amitié

Bernard-Henri Lévy

Le 15 janvier 2002



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