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Communiqué de presse

Pascal BRUCKNER
© Olivier Rollin/Grasset
Misère de la prospérité, la religion marchande et ses ennemis
par Pascal BRUCKNER

Ecrivain, philosophe
Mardi 19 Novembre 2002

 



Débat sur la mondialisation : contre la pensée manichéenne

Dans son dernier essai "Misère de la prospérité, la religion marchande et ses ennemis" (Grasset, 2002), Pascal Bruckner lance une vive diatribe contre le primat de l'économie, cette capitulation de la morale et de la politique, qui engendre ses adeptes et ses rebelles, son Grand satan (l'Amérique évidemment), à travers la triste guéguerre mondialisation contre antimondialisation. Rejetant la logique des alternatives simplistes et la tentation manichéenne du débat actuel, il nous livre une vision fine et passionnante de nos sociétés en perte de repères.

S'affranchir de l'économisme

"Dans nos pays développés, l'économie prétend de plus en plus régir les esprits et l'ensemble des activités humaines. 1989 devait marquer le triomphe sans partage de la démocratie et du doux commerce sur l'ensemble de la planète. Or depuis plus de dix ans, le capitalisme déçoit : non seulement il laisse des centaines de millions d'hommes au bord de la route mais, en Europe et en Amérique, malgré un enrichissement sans précédent, il ne cesse de creuser les inégalités et d'affaiblir les classes moyennes menacées par le spectre de la paupérisation. La solution serait-elle dans la remise en cause du système ? Ceux qui s'opposent à lui (les antimondialisations et leur discours à vide) partagent la même logique : voir dans le marché la source de tous les maux là où les libéraux célèbrent la source de tous les bienfaits. Dépréciée ou adulée, l'idole reste l'idole. Il faut donc s'affranchir de la fascination réciproque par le mode de production où communient les frères ennemis. Ce n'est pas du capitalisme qu'il faut sortir, c'est de l'économisme. La volonté du marché est de reconstruire la société sur son modèle, de périmer le politique, la culture, l'éducation ; d'imposer partout un seul type d'hommes, le consommateur- entrepreneur qui pense ses rapports au monde sous le seul angle du service et de la prestation. Il est grand temps de désacraliser le capitalisme, qu'on soit pour ou contre, et de réfléchir à une autre vie".

Pascal Bruckner

Né en 1948, romancier et essayiste, Pascal Bruckner a publié une quinzaine d'ouvrages depuis 1975. Il a le don de capter, dans ses brillantes analyses, le noyau qui fait déraper nos sociétés modernes : l'obligation de jouir, le vague à l'âme démocratique et dernièrement, les sournoises dérives de la "religion" capitaliste. L'un de ses romans "Lunes de fiel" (Le Seuil), a été adapté au cinéma par Roman Polanski. Il a connu un grand succès public avec "Le nouveau désordre amoureux" (avec Alain Finkielkraut) et "La mélancolie démocratique". Il a obtenu le Prix Médicis de l'essai en 1995 pour "La tentation de l'innocence" et le Prix Renaudot en 1997 pour "Les voleurs de Beauté". Il a récemment publié chez Grasset, "L'Euphorie perpétuelle" (2000).


Crédit photo P. Bruckner (c) Olivier Rollin/Grasset



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