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Synthèse des débats

Valéry GISCARD D'ESTAING
Une Vision pour l'Europe
par Valéry GISCARD D'ESTAING

Ancien Président de la République, Président de la Convention Européenne
Mercredi 9 Juin 2004

 



V.G.E, trois illustres lettres qui sont devenues au fil du temps les initiales incontournables et familières de son patronyme. Retracer l'itinéraire d'un homme au destin si singulier en quelques mots n'est pas une tâche aisée. Aussi, nous vous livrons donc quelques unes des étapes de son parcours, de ses actions au service de la nation, des régions et de la construction européenne :

Notre invité est né à Coblence en Allemagne. Son père appartient à la Ligue européenne de coopération économique, qui prône un espace économique de libéralisation des échanges et d'harmonisation monétaire. Une idée qui fera son chemin...

Il fait ses études à l'école Gerson, puis aux lycées Janson-de-Sailly et Louis-le-Grand à Paris et Blaise Pascal à Clermont-Ferrand.

A 18 ans, il s'engage dans la première Armée et participe aux campagnes de France et d'Allemagne (1944-1945). Il est décoré de la croix de guerre.

Après des études à l'Ecole Polytechnique et à l'Ecole Normale d'Administration, il rejoint l'Inspection Générale des Finances en 1952 où il poursuit une carrière administrative jusqu'en 1956.
Il entre ensuite en politique, élu député en 1956, puis ministre des finances et des affaires économiques entre 1961 et 1974, sous les présidences du Général de Gaulle et de Georges Pompidou.

Elu le 19 mai 1974 à 48 ans plus jeune président de la République Française, il unit sa destinée à celle de la nation jusqu'en 1981. Il place d'emblée son septennat sous le signe du changement et de la modernité, adopte un style qu'il souhaite plus proche des Français, se consacre aux grandes réformes sociétales, économiques et sociales et à la poursuite de la construction européenne dans laquelle il n'a eu de cesse de jouer un rôle majeur.

En 1996 il créé et préside l'Institut pour la démocratie en Europe qui s'est donné pour but de réactiver la réflexion française sur l'Europe, et notamment sur ses institutions, à un moment où les gouvernements des pays fondateurs semblaient se détourner de tout ce qui n'était pas la gestion de l'Union.

En décembre 2001, c'est à lui que le Conseil européen réuni à Laeken décide de confier la présidence de la Convention sur l'avenir de l'Europe. Une tâche colossale, 18 mois de travaux pour tracer les contours de la future architecture institutionnelle d'une Europe élargie à 25 depuis le 1er mai dernier .

Entre alizés propices et vents contraires, après l'union économique, l'union monétaire, l'union politique peine à trouver son identité et l'adoption de la Constitution européenne n'est pas un long fleuve tranquille.

En décembre 2003, il revêt le prestigieux "habit vert" des académiciens, au fauteuil de Léopold Sédar Senghor. Sous la coupole, avec ses pairs il souhaite poursuivre sa contribution au débat intellectuel.

Au sein du Conseil constitutionnel qu'il vient de rejoindre en tant que membre de droit, "sage" parmi les "sages", il veille sur les lois d'aujourd'hui et de demain.

"Je ne me lasserai jamais d'être utile", une formule extraite des cahiers de Léonard de Vinci qui sied comme un gant à notre invité.

II rêve d'une grande aventure pour l'Europe à laquelle chacun d'entre nous est invité à participer et à se prononcer dans les prochains jours.

Quelques jours après les commémorations du 60ème anniversaire du débarquement, l'Europe revêt un sens historique tout particulier, rappelant aux jeunes générations que l'Europe a apporté au monde la raison, l'humanisme et la paix.

Il vient parmi nous ce soir nous faire partager sa vision pour l'Europe, ses projets, ses défis pour l'avenir, avec conviction et générosité.

Emprunt de l'esprit d'un Montesquieu, nous avons l'immense privilège et le grand bonheur d'accueillir sur la terre des "grands Hommes" Monsieur le Président Valéry Giscard d'Estaing.

Valéry GISCARD D'ESTAING
Concernant l’Europe, il me paraît essentiel de faire appel, non pas à la frustration ou au mécontentement, mais à l’intelligence des Français. Il ne s’agit pas de savoir qui gagnera et qui perdra dans le cadre de la construction européenne, mais de savoir ce que deviendra la France dans un monde qui évolue constamment et de plus en plus rapidement.

J’ai eu la chance, au cours des deux dernières années, de parcourir l’Europe, ce qui m’a d’ailleurs fait perdre la notion de frontières, pour finir par considérer nos 25 pays comme un seul ensemble. L’Union européenne compte aujourd’hui 345 millions d’habitants, alors que les Etats-Unis en comptent 295. En 2025, les Américains devraient toutefois être plus nombreux que les Européens. Ces derniers représenteront alors le cinquième de la population chinoise.

De fait, le continent européen vieillit. Le rapport entre la population qui a dépassé 60 ans et la population ayant entre 19 et 59 ans, qui correspond à la population en âge de travailler, s’établit aujourd’hui à 35 % aux Etats-Unis et à 49 % dans l’Union européenne. Il pourrait atteindre près de 70 % en 2040. Par ailleurs, le taux de croissance de l’Europe est le plus faible parmi les grands pays du monde.

J’aimerais qu’en France, nous regardions moins vers l’intérieur et plus vers l’extérieur et que nous réfléchissions plus à l’avenir. Si nous le faisions, nous comprenons immédiatement que nous avons besoin de nous unir avec nos voisins pour parvenir ensemble à réussir. Hélas, l’Europe, qui se construit progressivement, n’est pas encore suffisamment compréhensible pour les citoyens. Les Français sont certes moins indifférents qu’on ne le dit, mais ils n’ont pas une image claire de l’Europe, ni en particulier, du Parlement Européen que l'on va renouveler.

Pour réussir, l’Europe doit être efficace et produire des résultats, en élevant son taux de croissance et son niveau d’emploi. En outre, l’Europe doit être reconnue comme démocratique. Elle est de fait démocratique dans son organisation, mais les citoyens ne perçoivent pas encore que les décisions sont prises en leur nom par les gouvernements et le Parlement européen.

L’Europe reste fragile, en raison des désaccords qui s’expriment en son sein. Elle pourrait subir des tensions importantes si elle s’élargissait trop rapidement et de façon trop large. Elle reste fragile également car le seuil d’acceptation historique, c’est-à-dire le moment à partir duquel les acteurs considèrent les événements comme une priorité, n’est pas encore atteint. Aujourd’hui, les dirigeants gouvernementaux n’annoncent pas, au sortir des Conseils des Ministres, la manière dont ils ont fait avancer l’Europe. Ils présentent la manière dont ils ont défendu les intérêts de leur pays. De même, les carrières politiques sont gérées au niveau national et non au niveau européen.

Les 50 dernières années ont été consacrées à la création d’un marché commun et d’une monnaie européenne. Les 50 prochaines années consisteront à construire une entité politique européenne acceptée par les citoyens et reconnue dans le monde. La Constitution permettra, je pense, d’avancer vers cette entité politique et assurera le développement d’un véritable patriotisme européen. J’espère que votre génération se considérera, dans quelques années, comme celle des Européens de France, de même qu’elle se considère aujourd’hui comme celle des Français de Gironde.

Le Chancelier allemand et le Président russe étaient présents, pour la première fois cette année, aux cérémonies commémoratives du 6 juin 1944. Quelles sont, selon vous, les leçons que nous devons retenir de ces événements ?

Valéry GISCARD D'ESTAING
L’initiative européenne a favorisé la création des conditions de non-renouvellement des guerres civiles permanentes qui détruisaient l’Europe et embrasaient le monde. Après la première guerre mondiale, les hommes politiques annonçaient qu’ils ne voulaient plus de la guerre, mais ne sont pas passés à l’acte. Après la seconde guerre mondiale, nous avons cherché à faire du continent européen, qui était le plus guerrier du monde, un lieu pacifique. Aujourd’hui, nous sommes non seulement en paix avec nos voisins, mais nous sommes également réconciliés entre nous.

Il me semble que l’événement le plus important des commémorations de cette année est la présence du Chancelier allemand. Les jeunes se sentent sans doute moins concernés, mais il est certain que l’Europe nous apporte à tous la certitude de la paix.

Un sondage réalisé par la Sofres pour le compte de la Fondation Robert Schuman indique que les deux tiers des Français ont une vision positive de l’Europe et 71 % estiment que le sentiment de culture commune mérite d’être défendu. Ils considèrent en outre que l’Europe a apporté la paix, la stabilité et une puissance internationale aux pays qu’elles regroupent. Quelle est votre analyse de ces chiffres ?

Valéry GISCARD D'ESTAING
J’espère que nous obtiendrions des résultats plus intéressants en interrogeant les personnes présentes ce soir. La Commission européenne finance un sondage appelé Eurobaromètre, que j’ai consulté régulièrement pendant les deux ans de travail de la Convention. J’ai alors pu constater que la majorité des citoyens européens souhaitaient que l’Europe se dote d’une Constitution. Il me semble que la construction de l’Europe bénéficie, de manière générale, du soutien populaire. Les citoyens savent que les solutions aux difficultés actuelles viendront de l’Europe.

Comment l’Europe peut-elle répondre à l’insatisfaction des Français concernant la politique sociale ?

Valéry GISCARD D'ESTAING
J’ai souvent demandé à Jacques Delors, lorsqu’il était président de la Commission européenne, ce qu’il proposait pour l’Europe sociale. Concrètement, des compétences sont transférées progressivement au niveau de l’Union européenne. Aujourd’hui, les questions douanières et les questions de commerce international, par exemple, sont traitées au niveau européen. S’agissant des questions sociales, le débat porte sur la répartition entre la compétence nationale et la compétence européenne souhaitée par les citoyens. Par exemple, les salaires minimaux, les âges de départ en retraite sont plus avantageux en France aujourd’hui qu’ils ne le seraient s’ils étaient définis au niveau européen. La Convention a retenu le principe de la coordination des politiques sociales et des politiques de l’emploi, sur le même modèle que la coordination des politiques économiques des pays membres. La Constitution contient ainsi des articles définissant la politique sociale de l’Europe.

Existe-t-il un modèle social européen ?

Valéry GISCARD D'ESTAING
Nous ne souhaitons pas, en Europe, appliquer le modèle social américain. Ce dernier accepte des inégalités fortes que nous n’acceptons pas, mais il est basé sur l’égalité des chances, que nous devrions renforcer en Europe. Par ailleurs, le modèle américain se caractérise par la présence de systèmes privés, alors que le modèle européen vise à être général. Par exemple, les systèmes de protection sociale et de retraite sont financés par des fonds publics.

Le projet de Constitution européenne a pour vocation de répondre aux enjeux de l’approfondissement et de l’élargissement de l’Union européenne. Quelles innovations sont proposées dans le texte que vous avez élaboré avec les « conventionnels » ?

Valéry GISCARD D'ESTAING
La Constitution vise essentiellement à introduire une certaine stabilité dans le système européen. Actuellement, il n’est pas possible de personnifier l’exercice des responsabilités. Par exemple, personne n’est capable de citer les noms des trois derniers Président du Conseil européen. La Constitution propose d’une part une présidence stable renouvelable une fois après deux ans et demi d’exercice et d’autre part la nomination d’un ministre des Affaires étrangères de l’Union par le Conseil. Ce Ministre présidera le Conseil des Ministres des Affaires étrangères. Ainsi, l’Union européenne aura des représentants connus de tous.

Par ailleurs, la Constitution européenne prévoit de passer de 16 à cinq instruments d’actions :

· les lois européennes, qui s’appliqueront de plein droit dans l’ensemble de l’Union ;
· les lois-cadres, qui s’appliqueront après transposition dans les droits nationaux ;
· les mesures d’application ;
· les décisions ;
· les avis.

Les compétences de l’Union européenne sont en outre définies de façon précise dans la Constitution, qui prévoit également le contrôle politique de la subsidiarité par les parlements nationaux. La Commission européenne devra dans ce cadre transmettre ses propositions aux institutions européennes et aux parlements nationaux. Si un tiers des parlements estime que ces propositions ne sont pas conformes aux compétences européennes, la Commission les retirera.

Par ailleurs, le Parlement européen devient législateur de plein droit.

La création d’un Ministre des Affaires étrangères de l’Union européenne donne-t-elle une visibilité internationale à cette dernière ?

Valéry GISCARD D'ESTAING
Je le pense. Il reste toutefois à préciser le mode d’élaboration de la politique étrangère commune de l’Union européenne.

Etes-vous optimiste s’agissant de l’adoption de la Constitution par les Etats membres ?

Valéry GISCARD D'ESTAING
Nous constatons qu’aucun projet alternatif crédible n’a été présenté depuis un an. La Commission avait fait des propositions, qui n’ont pas abouti, pendant les travaux de la Convention, et les anti-Européens n’ont pas proposé de texte alternatif.

De fait, seuls trois articles de la Constitution posent aujourd’hui problème. La question de la Présidence stable, entre autres, n’est plus discutée. En outre, les points de vue des uns et des autres restent proches sur les questions posant problème.

Certains groupes politiques proposent de créer un impôt européen. Qu’en pensez-vous ?

Valéry GISCARD D'ESTAING
S’agissant des impôts, la Constitution prévoit la possibilité d’en instaurer, afin de doter l’Union de ressources propres. D’un point de vue financier, le fait que les impôts soient collectés au niveau local ou européen ne modifie pas les ressources. Toutefois, la décision politique n’est pas prise au même niveau.

Certains pays membres souhaitent que l’héritage chrétien de l’Europe apparaisse dans le préambule de la Constitution. Quel est votre point de vue ?

Valéry GISCARD D'ESTAING
Les Constitutions ne traitent pas, de manière générale, des questions religieuses. Nous avons toutefois considéré qu’il fallait en parler lors de la Convention, afin d’aborder la question du droit des églises. Après discussions, nous avons jugé nécessaire d’intégrer dans la Constitution la sécurité des églises. L’article 51 prévoit donc que les Eglises entretiennent un dialogue régulier avec l’Union européenne.

Par ailleurs, la question de la référence à la religion dominante de l’Europe se pose depuis la rédaction de la charte européenne des droits fondamentaux, qui sera introduite dans la Constitution. Il me semble que les religions sont un élément identitaire important, c’est pourquoi j’ai souhaité qu’il y soit fait allusion dans le préambule de la Constitution. Nous avons donc rédigé un texte qui retrace l’histoire du patrimoine culturel européen, en tenant compte des valeurs religieuses. Nous avons traité la question des religions, sans mentionner la religion chrétienne, car il aurait alors été nécessaire de citer d’autres religions et nous aurions pris le risque de l’énumération.

J’estime que nous avons trouvé un juste équilibre, que je ne souhaite pas voir remis en cause.

Estimez-vous que la ratification de la Constitution doit faire l’objet d’un référendum ?

Valéry GISCARD D'ESTAING
Je vous rappelle que le référendum est décidé par le Président de la République, sur proposition du Gouvernement. La Constitution européenne entre dans le champ du référendum, mais la décision revient au seul Président de la République. En France, d’un point de vue culturel, le peuple se prononce sur les Constitutions. Il me paraîtrait donc normal que la Constitution européenne soit ratifiée par référendum.

Comment réagir si des Etats ne ratifient pas la Constitution ?

Valéry GISCARD D'ESTAING
Si un nombre important d’Etats ne ratifient pas la Constitution, celle-ci disparaîtra. Un problème se posera dans les Etats qui ne ratifieront pas si ces derniers ne sont pas nombreux. Il me semble qu’il faudra leur donner la possibilité et le temps de reconsidérer leur situation.

Pourquoi ne partagez-vous pas la position officielle de l’Union européenne concernant l’adhésion de la Turquie ?

Valéry GISCARD D'ESTAING
L’Union européenne est un projet d’organisation des Etats du continent européen. Or, il se trouve que la Turquie n’est pas un Etat d’Europe. Nous prendrions un risque à élargir l’Union européenne hors Europe. Il serait en effet naturel, si la Turquie adhère, que le Maroc soit candidat. L’Europe changerait de nature, alors même que nous nous engageons avec la Constitution dans une phase d’intégration.

Les citoyens des 25 Etats membres éliront le 13 juin prochain leurs députés européens. Il est à craindre que l’abstention soit élevée et que les électeurs votent en fonction de questions nationales. Concernant la France, le scrutin par liste régionale vous paraît-il judicieux ?

Valéry GISCARD D'ESTAING
Les listes nationales n’étaient pas une bonne solution, car elles ne permettaient pas aux citoyens de s’identifier aux candidats et favorisaient l’instauration de listes émanant uniquement des partis politiques. Les listes par grandes régions limitent modérément la représentation des petits partis. Personnellement, j’étais favorable à l’instauration de listes régionales, selon les régions existant actuellement.

Quels sont vos arguments pour nous inciter à voter ?

Valéry GISCARD D'ESTAING
Vous seriez en contradiction avec vous-mêmes si vous ne votiez pas alors que vous pensez que l’Europe doit répondre à vos attentes. Le nombre de députés élus par les Français diminue, pour des raisons démographiques. Il est essentiel qu’ils soient représentatifs, pour que la voix des Français se fasse entendre sur des sujets comme l’agriculture, par exemple.

Quelles sont les réformes réalisées sous votre septennat dont vous êtes le plus fier ?

Valéry GISCARD D'ESTAING
Vous n’étiez pas encore nés, donc vous ne savez pas que cette élection a été une fête. Nous avons fait de nombreuses réformes, parmi lesquelles l’abaissement de l’âge électoral et la disparition de l’idée de collectivité répressive. Par exemple, nous avons transféré la responsabilité collective concernant l’avortement vers la responsabilité individuelle des femmes. En outre, nous avons fait voter la première loi d’assistance pour les handicapés et mis en place le système de saisine du Conseil constitutionnel par l’opposition parlementaire.

Quels sont les facteurs de réticences aux réformes en France ?

Valéry GISCARD D'ESTAING
Le premier facteur est culturel : la France est de culture rurale, or le monde rural n’apprécie pas le changement. Le deuxième facteur est le vieillissement de la population, qui engendre un sentiment de crainte et d’hostilité à la réforme. Le troisième facteur est lié au fait que le groupe majoritaire actuellement en France cherche à ne pas perdre les avantages acquis pendant les 30 glorieuses.

Nous arrivons au terme de cette rencontre. Avant de nous séparer, nous vous proposons de vous livrer à l’exercice désormais traditionnel du questionnaire de Proust.
Quel est votre principal trait de caractère ?

Valéry GISCARD D'ESTAING
La ténacité.

Quelle est la qualité que vous préférez chez une femme ?

Valéry GISCARD D'ESTAING
La sensibilité.

… Chez un homme ?

Valéry GISCARD D'ESTAING
Le courage.

Quelle est la faute qui vous inspire le plus d’indulgence ?

Valéry GISCARD D'ESTAING
L’étourderie.

Le bonheur parfait selon vous ?

Valéry GISCARD D'ESTAING
L’amour dans l’harmonie ou l’harmonie dans l’amour.

Qu’avez-vous le mieux réussi dans votre vie ?

Valéry GISCARD D'ESTAING
Mon engagement dans l’armée française, à l’âge de 18 ans.

Quelle est la rencontre qui vous a le plus marqué ?

Valéry GISCARD D'ESTAING
Ma rencontre avec le Général de Gaulle.

Quelle est la figure historique à laquelle vous auriez aimé ressembler ?

Valéry GISCARD D'ESTAING
Aucune.

Quel est votre livre de chevet ?

Valéry GISCARD D'ESTAING
Guerre et Paix, de Tolstoï.

Quel est votre plus grand regret ?

Valéry GISCARD D'ESTAING
Ne pas avoir connu à temps l’école universelle, comme disait autrefois une publicité !

Quelle est votre plus grande peur ?

Valéry GISCARD D'ESTAING
Ma plus grande peur a longtemps été la peur d’avoir peur, mais elle a disparu lors de mon engagement dans l’armée.

Quel est votre mot préféré ?

Valéry GISCARD D'ESTAING
Le mot délivrance, pour de multiples raisons.

Quelle est votre définition du sens du pouvoir ?

Valéry GISCARD D'ESTAING
Le pouvoir moderne n’est plus le pouvoir hiérarchique qui a dominé en la France pendant les derniers siècles. Aujourd’hui, le pouvoir consiste à motiver les groupes.

Que diriez-vous au Valéry Giscard d’Estaing enfant ?

Valéry GISCARD D'ESTAING
Je lui dirai qu’il a l’air plus gentil que moi.

Quelle est votre devise ?

Valéry GISCARD D'ESTAING
Je vous en propose deux : persévérer et « Je ne me lasserai jamais d’être utile », mais en réalité je n’en ai pas.



Livre d'or
" En heureux souvenir de cette rencontre et attendant l'Europe "


Valéry Giscard d'Estaing

Le mercredi 9 juin 2004



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